Womens-cup 2016

Women’s cup 2016

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Cette année, en ouverture des 24h du Mans a eu lieu la Women’s Cup, une vraie course ouverte à toutes ! Séances d’essai, séances qualif’ et deux finales ; une Finale A pour les 44 plus rapides et une Finale B pour les suivantes, il faut dire qu’entre Ornella Ongaro, vainqueur de la Finale A, et celles qui découvraient la compétition, voire la piste les chronos ne sont pas vraiment les mêmes !
Je pensais consacrer une page du magazine aux compte-rendus des bretonnes avec qui j’étais en contact, Valérie, Marion et Nadège, je leur ai donc demandé de m’envoyer un «petit» texte sur leur week-end, sauf qu’elles n’étaient pas 3 à participer à la Women’s Cup mais 6 ! Et que Nadège a tellement kiffé son week-end qu’elle nous à écrit un roman… Du coup ce n’est pas une page, mais bien trois pages de lecture qu’elles vous offrent ici. Avec pour commencer Barbara Collet, qui en plus de faire partie de l’organisation a réalisé de superbes qualifications en se glissant en tête des 1000 avec son petit 600 ! 

Barbara Collet

Womens-cup 2016

La Women’s Cup est une course féminine créée et organisée par le comité féminin de la FFM dont je fais partie avec Karine Sliz, Emma Clair et Angela Rodriguez. Nous avons pu réunir pas moins de 85 filles en piste, ce qui est exceptionnel pour une 1ère édition. Je tenais donc 2 rôles sur cette épreuve, organisateur et pilote. Les motos de type sportives et roadsters de 400 à 1200 cm3 étaient acceptées. Il y avait au final un classement 600 cm3 et un classement 1000 cm3.

J’ai donc commencé par accompagner les filles sur la piste lors des essais libres, car beaucoup d’entre elles avaient très peu d’expérience sur circuit. 

Sont venues ensuite les qualifications où je réalise la pôle position sur les deux séances au guidon d’une Yamaha R6 au sein du Team Yamaha Motor France/Dubois Motos. Nous avons été confrontées à des conditions météo difficiles avec même une interruption de séance en raison de l’arrivée de grêle, ce qui rendait donc la piste très piégeuse.

Après avoir réalisé un bon départ en course, je me fais piéger dans le virage du chemin aux boeufs et je chute, sans gravité. Je ne repartirai pas.

En attendant, ce fut une superbe semaine et j’en profite pour féliciter et remercier toutes les filles présentes, dont beaucoup faisaient là leur première course. Un grand bravo également à notre petite équipe du Comité Féminin FFM, sans oublier l’ACO qui nous a permis la mise en place de cette course en ouverture des 24H du Mans.

Nous nous projetons maintenant vers 2017 où nous allons créer un trophée féminin composé de 3 courses. Nous aurons plus d’infos au courant de l’été concernant les circuits et les dates.


Marion C-Amaury

Womens-cup 2016

Arrivée le mardi soir sur un parking bien chargé je réussis à trouver une place juste à côté de Nadège Orhand. Je suis accompagnée de mes 2 copains. 

Le lendemain je réussi à dégotter 2 séances d’essais. Premières arrivées premières servies. 

La première se passe difficilement. Mes chronos ne sont pas révélateurs, je décide de remonter 5 minutes au paddock pour me poser. À peine le temps d’être arrivée,  je repars de plus belle et cette fois ci sur une piste sèche je réussi à faire 2’’12 amélioration de 3 secondes de mon meilleur chrono.  Je rentre alors confiante pour la première qualification du lendemain.

Seulement à 10 min du départ de la qualification il se met à pleuvoir faute de temps pour changer et me mettre en pneus pluie je n’ai pas pu partir et je me retrouve dans la deuxième partie du classement. 

A la deuxième séance même scénario mais cette fois je me lance en pneus médium. Malgré une piste ultra piegeuse je réussi un chrono de 2’’22. Et réussi à me positionner à la 5ème place pour le départ de la course en Finale B.

Le jour de la course c’est prévu pluie. Alors cette fois-ci on a anticipé. 

Au moment de partir. Je m’aperçois que les disques de mes jantes pluies que je n’ai donc pas encore testés sont voilés

IMPOSSIBLE de partir dans ces conditions, alors que je vois toutes les autres concurrentes se diriger vers le départ. Avec mes collègues on change les disques en 7 minutes top chrono.  

Arrivée devant les commissaires. OUBLI d’une pièce importante. Je dois remonter avec tout l’équipement la chercher en courant le plus vite possible il ne me reste que 3 minutes.

Pour le retour je réussi à trouver un scooter qui m’amène jusqu’au départ.  Arrivée in-extremis.  Ils m’autorisent à partir mais de la pitlane et avec une pénalité où je dois repasser par la voie des stands. 

Le départ se lance je suis en pleurs dans mon casque une envie d’abandonner. Puis le feu vert s’allume « aller pas le choix » quitte à aller au tas. La moto se comporte à merveille ! Je dépasse pas loin de 4 pilotes au premier tour puis 4 au deuxième mais je dois ressortir. Je re-rentre comme une furie mais les nombreux drapeaux jaunes m’empêchent de dépasser. Et voilà déjà le drapeau à damier. Malgré cette double pénalité je réussi à finir 22ème. Je n’avais jamais conduit comme ça auparavant j’ai pris un PIED ENORME.  Finalement cela m’aura servi.

Une course inoubliable avec une très bonne entente entre les pilotes, des découvertes…  Et une solidarité extraordinaire !


Vanessa Penault

Womens-cup 2016

Je suis arrivée le mercredi soir au Mans vu que je travaillais et du coup je n’ai pas pu faire des essais le mercredi. Heureusement que j’avais fait le stage début mars !

Jeudi matin premiers essais qualification un peu stressée mais ça se passe très bien, la piste est trempée et j’adore la pluie normal je suis bretonne (lol) vendredi matin 2ème séance d’essai qualif je suis pas trop dedans piste froide et piegeuse…

Du coup le midi je souhaite qu’il pleuve pour la course car il n’y a que là que je peux faire quelque chose par manque de chevaux dans la moto : je roulais avec une ER6 Kawazaki toute d’origine, une ancienne moto école ! Je part 26ème et je finis 18ème de la finale B sous des conditions météo que j’adore : la pluie.

Mon ressenti de ce week-end est que j’ai plein d’étoiles dans les yeux et dans la tête c’est un rêve qui se réalise grâce à mon compagnon sans qui je ne pourrais pas pratiquer cette passion qui coûte extrêmement cher surtout sans sponsors. 

Je suis très contente d’avoir pu participer à cette course sur le mythique circuit du Bugatti. Malheureusement ça passe trop vite, on aimerait que ça ne s’arrête jamais.

J’ai pris énormément de plaisir c’était magnifique et magique car grâce à cette course j’ai encore appris plein de choses et fait de très belles rencontres.


Hélène Birgert

Womens-cup 2016

Je suis très fière (comme beaucoup d’autres filles qui étaient là) d’avoir participé à la première Women’s Cup. Je n’avais jamais pensé participer à une compétition et quand j’ai appris qu’une course 100 % féminine était à l’affiche des 24h du Mans en ouverture j’ai tout de suite voulu m’y inscrire. Et je ne regrette absolument pas. Malgré le temps qui n’a pas été de notre côté et qu’on a été gâtées par la grêle, la pluie, le froid, c’était magique de devoir se surpasser. Rouler sur circuit mouillé c’est pas du tout quelque chose que j’aime et là je me suis surpassée et j’ai réussi mes essais ainsi que ma course et en plus à rouler comme si le circuit était sec. L’adrénaline était là et je ne pensais plus à la pluie même plus l’objectif était de finir la course et de m’amuser. Et j’ai rempli tout mes objectifs : M’amuser, progresser et finir la course !

Je sais déjà que l’année prochaine je m’inscris pour les courses 100% féminine.

C’était de plus très bien organisé. Les personnes étaient là pour la moindre question qu’on pouvait se poser ou elles venaient nous voir pour savoir si ça allait, si on avait besoin de quelque chose. J’ai pu réaliser un rêve que je ne pensais jamais réaliser, j’ai fait de magnifiques rencontres, on se donnait des conseils mutuellement, on essayait de se rassurer et on aurait dit qu’il n’y avait pas de compétition entre nous : c’était super. Et là où j’ai été très fière c’est quand j’ai passé la ligne d’arrivée, la première chose que j’ai fait c’est de crier dans mon casque «je l’ai fait» et à plusieurs reprises 🙂 

Voir les commissaires nous applaudir ça fait super chaud au coeur on a eu l’impression d’être des stars  (rires) je me suis même arrêtée pour leur dire merci et leur serrer la main car ils ont fait un travail merveilleux ! Tout comme mes accompagnateurs car ils étaient là pour me donner eux aussi des conseils, m’encourager dans la ligne droite, me dire quels virages doivent être travaillé et comment et se sont occupés de la moto pendant que je me concentrais !


Valérie Terrade

Womens-cup 2016

Il était une fois une petite pilote avec des rêves «crazy» pleins la tête, un coach Rodolphe Gougé, un assistant mécanique Ti Seb, deux sponsor TT’s Bikes et D.S.F. ainsi qu’une bande de potes Elôdïe, Fred, Lulu, Aiyana, Anatole Lgt, Nolwenn, Vincent Muser, Saida… tous supporters, unis pour l’encourager à cette fameuse course qui lui tenait tant à cœur : La women’s cup !
Ce fut une semaine bien délirante entre les écarts de niveaux impressionnants et la météo capricieuse. Heum en faite, je voulais rouler sous la pluie, j’ai donc pratiqué «la danse du pipi»… Résultat nous avons été servis, vent, pluie, froid et grêle !!! La ptite pilote a dû se battre aux essais chronométrés mais elle n’a pas supporté le froid aux mains avec le syndrome de Raynaud… Elle est donc sortie trop tôt. Plus la course approchait plus le le stress l’envahissait. Heureusement son super coach était là pour lui faire un lavage de cerveau en mode GUERRIERE, sans apéro cette fois.


Le jour de la course , elle s’est reposée un maximum. Les essais étant difficiles voire même catastrophiques, elle fut classée à la 28ème place sur la grille de départ. 16h05 , c’est le départ ça y est on y est !!!! Durant 4 tours elle a remonté de 14 places son classement. Arrivée au 5ème tour, après une lutte bien acharnée, elle a perdu l’avant à l’entrée du chemin aux bœufs. Bravooo !! «J’ai glissé sur 100m et la Triumph a fait un tonneau dans le bac à gravier !! » Heureusement rien de cassé. La pilote a même perdu l’étrange grigri porte bonheur de son coach sur la piste, caché à l’origine dans sa botte. Et devinez ce que c’était ?

Un PRESERVATIF SPECIAL ENDURANCE, sacré Gougou va !!!! Ah ben les commissaires ont adoré le ramasser et même pris des photos.
Je ne suis déçue de rien du tout car cette première chute je m’en souviendrai à vie et je reviendrai !!!! Un excellent souvenir finalement pour la fin de cette histoire.

Comment vous l’écrire, à vous tous qui me lisez ?
Un grand grand merci d’avoir été là, d’avoir soutenu l’évènement, merci pour tous vos messages… Sachez que ça me va droit au cœur.
Seule je n’aurais pas pu participer à cette aventure.Merci à mes potos, merci à mes sponsors, mon sacré coach et surtout un grand merci à mon chéri qui a également cru en moi et qui s’est démené pour préparer la Daytona.


Nadège Orhand

Womens-cup 2016

La folle aventure a commencé il y a quelques mois déjà, en janvier lors de notre inscription avec les copines ! 

Candidature retenue, il va falloir préparer la moto pour aller rouler sur le mythique circuit Bugatti et surtout pour ma 1ère course qui aura lieu en ouverture des 24h du Mans, un rêve éveillé ! 

Des semaines, limite des nuits à mettre les choses au point, puis un stage 100% féminin organisé par la FFM début mars au Mans sous la pluie, le froid, et le vent ! Merci Damien Saulnier de nous avoir si bien encadrées ! Un autre roulage fin mars à nouveau sous la pluie, décidément le temps est contre nous. Le compte à rebours est lancé ! La Women’s Cup arrive à grand pas ! 7-8-9 Avril 2016 ! 

Nous y sommes, moto et camping-car chargés, nous voilà arrivés mon homme et moi sur le circuit du Mans mardi en fin d’après midi et en plus avec le soleil ! On installe le campement en attendant que les copines arrivent !  Ambiance très sympa dans ces Paddocks très girly ! Chacun prend place entre les corses, les sudistes, les nordistes et bien sûr nous : les bretons ! 

Début des festivités mercredi matin pour 2 séances d’essais libres sur le sec, des bonnes sensations avec ces nouveaux pneus Dunlop (habituée au Pirelli), le chrono tombe (- 5 secondes), très contente de moi malgré «les avions de chasse» qui tournent avec nous. Les essais terminés, place aux vérifications techniques pour l ‘après midi, moto, pilote, équipement tout est passé en revue ! Tout est OK, le feu vert est donné pour la 1ère séance de qualif du jeudi… mais le temps se gâte… On alterne pluie, vent et même grêle ! La piste est tantôt mouillée, tantôt sèche, le choix des pneus sera difficile… On verra jeudi matin… 

Réveil avec un temps toujours mitigé, c’est l’heure du briefing obligatoire pour toutes les pilotes engagées à la Women’s Cup. Comme les pros, drapeaux, feux, conseils et sécurité, plusieurs sujets sont balayés pour nous mettre dans de meilleures conditions pour cette 1ère course.

Début d’après midi, il fait sec, la piste aussi. Le 1er groupe s’élance pour les qualifs, un drapeau rouge au bout de quelques tours fait rentrer tout le monde, s’en suit une averse de grêle. Pas le temps de mettre les pneus pluie, c’est à notre groupe de partir. Pas rassurée de partir en pneus secs, je décide d’y aller quand même pour essayer de valider un chrono. Une grosse frayeur dans le garage vert, je décide de rentrer… Je ferai mieux demain. Dur dur, je suis dépitée et frustrée de ne pas avoir eu le temps de mettre les pneus pluie pour aller rouler… Fatiguée, un peu douloureuse avec le temps et le stress. Une soirée tranquille s’annonce pour être en forme le vendredi matin et surtout opérationnelle pour la 2ème séance de qualifs ! 

Vendredi matin le temps alterne encore, il fait sec, des nuages à l’horizon mais pas de pluie. Le 1er groupe part. Les pneus secs sont restés montés. Prête à partir pour notre séance, la pluie s’invite encore à la fête ! Pas le choix, il faut y aller ! La piste est détrempée, je dois y aller malgré tout pour faire un chrono, je chute en partant des paddocks, sans gravité heureusement mais qui ne me met pas en confiance pour la suite en plus du temps ! J’arrive en retard, grilles fermées, le commissaire me laisse quand même rentrer, j’ai à peine 3 tours pour me qualifier. Pas vraiment confiante, je fais au mieux. Je me qualifie 28 sur la grille, je ferais donc partie de la finale B qui aura lieu le vendredi après midi.

Des nœuds dans le ventre, une météo toujours incertaine à quelques heures de La course et… à peine 2h avant, de la pluie, pluie et pluie ! Le choix est fait, on monte les pneus pluie, ils nous annoncent que la course sera réduite de 3 tours à cause du temps ! 

Ça y est c’est le grand moment, il faut y aller ! Tout le monde est ok ou presque ! Marion me fait une grosse frayeur, elle s’aperçoit qu’elle a un problème de disque de frein. Je pars devant, me mets en prégrille avec mon homme à mes côtés. Il pleut encore. Je ne la vois toujours pas arriver et il est temps de partir pour le tour de formation ! Mélangée entre un sentiment d’excitation et de peur, il faut y aller. Tour de formation terminé, les commissaires nous installent en grille, je suis loin en 8ème ligne, il pleut toujours. C’est reparti pour le tour de chauffe, la pression monte, j’accélère, je freine fort, il faut chauffer un minimum les pneus malgré le temps ! On y est retour en grille, visière fermée, je souffle un grand coup avec un sentiment étrange dans le ventre ! Feu rouge, 3, 4 secondes le départ est annoncé ! Je fais un départ tranquille, trop peur de me louper ! C’est parti, qu’une idée en tête : remonter !!! Je me prends vraiment au jeu de cette course, je me surprends à doubler dans des endroits où je n’aurais jamais tenté auparavant. Je ne sais pas à quelle position, je me situe mais j’avance, ça va vite, très vite. 

Un pied énorme ! Le drapeau a damier est agité, c’est déjà la fin. Un goût de trop peu ! J’éclate en sanglots dans mon casque, j’y suis arrivée !!! Un tour d’honneur s’ensuit juste magnifique avec tous ces applaudissements, de la joie, des sourires, du Bonheur à l’état pur ! Une fierté, je cherche les copines du regard, toujours pas vu Marion , je ne sais même pas si elle a pu prendre le départ et je ne vois pas Valérie non plus. J’apprends en rentrant qu’elle a chuté en essayant de me doubler, heureusement elle n’a rien ! Et Marion est partie de la pitlane. On rentre au stand, mon homme m’annonce que je finis 13ème, super contente de moi pour une 1ère ! A refaire au plus vite ! 

Une expérience magique, unique, pleine de sensations et d’émotions à jamais gravées dans ma mémoire, de très belles rencontres et un Enorme sentiment de fierté d’y être arrivée. Un grand merci à tous pour vos soutiens et encouragements, c’est grâce à vous toutes et tous que j’ai pu accomplir ce rêve magnifique !  Merci particulier à mes Sponsors : Zinzin Préparation, Au petit Bolide de Redon, à Images Associées et Artytech. Un Grand Merci à mon Homme, car on y a passé un temps fou dans cette préparation avec tous les p’tits aléas qui sont venus s’y ajouter !  Place au repos du corps et de l’esprit après cette folle semaine riche en émotions ! Et vivement 2017, car un championnat 100% féminin devrait avoir lieu, composé de 3 courses. A suivre !