Découverte du Supermotard et des TM Racing !

Découverte du Supermotard et des TM Racing !

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Les essais Supermotard de Lohéac n’ont, pour moi, jamais aussi bien porté leur nom. En effet, il paraît que j’avais demandé à essayer un 300 deux temps… Même si je n’en ai aucun souvenir, j’ai assumé et me suis retrouvé à essayer une bonne partie de la gamme TM Racing avec deux deux temps, la 300 et la 125, mais aussi la 450 quatre temps. A celles-ci, s’est ajoutée une 125 Honda. Un essai «négocié» à table le soir, comme je l’avais d’ailleurs peut-être fait pour le 300…  Des essais de motos mais aussi de matériel cross avec des bottes Gaerne et un casque HJC. Mais aussi la découverte du Supermotard, des monos, du tracé de Lohéac et d’un gamin de 10 ans qui n’était pas venu pour rigoler : Corentin.

Un week-end de découverte

Le tracé du circuit de Lohéac est plutôt rapide avec juste un droite-gauche serré et lent (surtout pour moi), et il offre l’avantage de procurer du plaisir, que l’on chasse le chrono ou que l’on découvre la discipline. Précision importante, lors des entraînements, la partie terre n’est pas ouverte, ceci explique la présence de quelques «25 Power» parmi les Supermotards par contre on roule énormément : quatorze sessions de quinze minutes par groupe sur le week-end !!  Un seul bémol sur ce tracé, c’est que le bitume hors trajectoire est moyennement propre et apparemment glissant – je n’ai pas osé tester.

Découverte du Supermotard et des TM Racing !
Ce moment où tu rêves d’un démarreur électrique… ©photo Laurence Carduner

Plongeon dans l’inconnu

Je pensais pouvoir utiliser mon expérience sur le bitume et les quelques sessions circuits que j’ai pu faire pour mieux appréhender ce week-end… Et bien non. De part le type de moto, le couple des monos, et le style de pilotage nécessaire pour les emmener, il semble qu’un habitué du MX sera bien plus à l’aise ! Oubliée la position des hypersports penché en avant, sur les poignets et calé au fond de la selle. Me voilà «assis debout» à ne pas toucher le sol et en plus Christophe, qui me prêtait son 300, m’invite à m’asseoir à l’avant de la selle, selle qui fait quasiment la longueur de la moto… J’ai dû m’en souvenir le temps d’arriver en pré-grille, et deux fois au cours des six sessions que j’ai faites au cours de ce week-end. Si j’avais tourné la poignée dans le bon sens, il est fort probable que j’aurai pu m’envoler ou tenter un salto arrière sans lâcher la moto… Comme je ne me suis pas risqué à ce genre d’acrobaties, le seul réel inconvénient que j’ai constaté est le fait de galérer à tourner dans le sinueux, tant je mettais peu de poids sur la roue avant. Il faudrait presque les voir comme des monocycles pour s’obliger à s’asseoir «sur le réservoir». Mais la journée ne s’est pas résumée à ça…

Découverte du Supermotard et des TM Racing !
Principe vérifié : «Sans maîtrise la puissace n’est rien». Ils m’ont doublé partout, intérieur, extérieur, sortie de virage… ©photo Laurence Carduner

Le coup de kick…

La première session : Dans l’idée, je devais faire quelques tours avec la 85, passer sur la 125, puis la 300 et la 450, logique. Dans la pratique, Enora devait rouler avec sa 85 pour se remettre en jambe, et passer sur sa 125 flambant neuve ensuite… J’ai donc commencé par la 300, enfin dans l’idée. La session démarre, la moto m’est démarrée dans le box, je monte dessus, j’avance, je cale. Eh oui, je roule en Ducati moi, un tracteur qui part sur le couple – et sur le deux temps : pas de couple. Ajouter à ça l’appréhension du 300 qu’on m’a vendu comme une machine qui ne peut que lever… Je mets un coup de kick : rien. Christophe me la redémarre, je recale et kicke à nouveau, et encore, et encore… La session se terminera sur un ultime coup de kick sans plus d’effet sur le moteur, qui ne s’est peut-être même pas rendu compte de ma présence. Je crois que cet instant va me coller à la peau un bon moment…

Je me fais prendre un tour avec la 300

Deuxième session : Cette fois-ci, on anticipe le début de la session, la moto est mise dans le sens du départ… Et là, tout se passe parfaitement bien, jusqu’au départ ou je prends un coup de raquette histoire de me mettre en confiance (je devais avoir la roue arrière sur la ligne blanche ou de l’humidité),… Les tours s’enchaînent alors que je patauge dans les vitesses, les sensations sont difficiles à trouver avec les bottes cross et la boîte dans le bon sens (je suis habitué aux boîtes inversées), vers la fin de session, je me fais prendre un tour par quasiment tout le monde… Avant que Christophe ne m’arrête pour me dire de m’asseoir plus en avant, j’avais ma dose, je ne suis pas reparti. 

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«Assieds-toi à l’avant de la selle» qu’ils disaient… Je comprends mieux pourquoi en voyant les photos… ©photo Laurence Carduner

Rodage de la 125

Troisième session : Ça sera la 125, on repart sur plus facile, avec l’honneur de faire faire ses premiers tours de roues à la moto d’Enora, et roder les pneus… C’est dingue la confiance que les gens ont en moi. J’ai mis les bottes racing pour être plus facile et mieux profiter de la moto. Moto démarrée, je cale (c’est un style) et je redémarre : première victoire. La suite c’est une session bien plus agréable, une moto ultralégère, un moteur bien présent qui permet de prendre un maximum de plaisir sans se faire peur. La fin de la session, tout le monde la connaît, c’est Enora, Chloé, Kenzo et Corentin qui me doublent. Plus à l’aise avec cette moto, j’aurais cru pouvoir les tenir.

Plus en confiance avec la 300

Quatrième session : je reprends la 300, avec cette fois plus de feeling pour jouer avec la boîte de vitesses. Et ça change tout, sauf la fin de la session et la position… En fait ça change surtout la mise en confiance, je me surprends à me servir des freins, et ça freine, à arriver «trop vite». Comparativement à mes passages précédents et mon niveau, bien sûr, un vrai pilote serait tombé de lenteur à ce rythme-là. En ne voulant pas risquer d’excès de confiance, et avec un bruit parasite j’ai écourté ma session, je crois que cette ruse a également empêché Corentin de me doubler, même pas sûr en fait. Le bruit n’est pas réapparu, venait-il de la moto, de mon casque, des fils qui commençaient à se toucher ?

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Ok, donc c’est là qu’il faut s’asseoir ? J’y étais vraiment pas… ©photo Olivier Pirot

Le 450 : une machine de guerre

Cinquième session : Erwan Coadou me prête sa 450, celle-là même qu’il utilise en Championnat de France S1, une machine de guerre quoi. Gros avantage, elle a un démarreur électrique !!!  Bon par contre, la batterie est hs, il faut la démarrer au kick, Erwan le fait bien entendu pour moi. Et avec le quatre temps, je pense qu’il faut déjà être en forme pour caler, même moi je n’ai pas réussi ! Le moteur est énorme, j’ai fait du poney sur les 300 premiers mètres, entre l’accélérateur qui a essayé de m’arracher les bras et le frein moteur qui m’expliquait de revenir à l’avant de la selle, il y a eu maltraitance d’apprenti pilote ! C’est simple, après cette séance je me demandais déjà combien de tours j’allais faire avant de rentrer aux stands. Finalement j’ai trouvé une technique, tourner la poignée avec parcimonie… Vu les photos, j’aurais mieux fait de m’asseoir à l’avant de cette fichue selle, ça aurait été aussi efficace ! Malgré ce moteur, totalement inexploitable à son maximum à mon niveau, je me suis vite retrouvé en confiance avec le 450, le couple permet d’enrouler les virages et d’en sortir sans être à la peine. Par contre, dans le sinueux, il a tendance à nous emmener à l’extérieur des virages. Apparemment c’est encore et toujours une question de position sur la moto. Est-ce que ça vaut le coup que je vous raconte la fin de la session ? J’ai doublé Chloé et je voyais Kenzo et Corentin revenir, Kenzo m’a doublé, normal, il a l’expérience du tracé et connaît sa moto par coeur. Par contre, dans l’avant-dernier tour, j’entends une abeille dans ma roue, puis à l’intérieur du virage, et là je vois une 65cc, c’est Corentin, 10 ans, deuxième roulage en Supermotard… Même pas j’ai réussi à le suivre, j’y ai pensé un bref instant, très bref. 

«Ne va pas t’en coller une»

Sixième cession : pour comparer avec les TM Racing, il me fallait essayer une moto japonaise, affaire conclue le soir-même avec Florian qui me laissera essayer sa Honda 125 XLS de 1981… Trêve de plaisanterie, il me fallait essayer cette machine sans moteur, sans freins et sans châssis digne de ce nom. Moment de doute au technique quand Ludovic me regarde d’un air dépité en hochant la tête et que Stéphanie me dit «Ne va pas t’en coller une». Je me suis demandé ce que je faisais sur cette machine et ce à quoi je devais m’attendre. Finalement, quand on sait sur quoi on est assis et qu’on ne tente pas le diable en retardant les freinages tout se passe bien. J’ai essayé de freiner deux fois, en pensant être «trop vite», d’une la moto ralentit plus au moteur qu’en serrant le levier de droite et de deux, le châssis, en caoutchouc, doit permettre à peu près toutes les fantaisies, ça passe «large». D’autant plus que le moteur ne lui fait pas violence. Et finalement, je me suis bien amusé avec elle, aucune appréhension, aucune question à se poser sur la mécanique il y a juste à «piloter» et avoir les plus belles trajectoires qui soient pour ne pas perdre de vitesse, si durement acquise.

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La 300 TM sera passée entre plusieurs mains lors de ce roulage, ici c’est Florian qui l’essaie, sûrement pour comparer avec les performances de sa 125 XLS. ©photo Olivier Pirot

125 ou 450 pour commencer ?

Après ces essais, s’est posée une question, parmi les TM Racing essayées laquelle serait la mieux pour débuter en Supermotard ? La réponse aurait pu être biaisée par le 300 qui m’a paru relativement facile avec une moto moins violente que ce à quoi je m’attendais… Sauf que le lendemain, Christophe s’est rendu compte que sa moto était bridée, et qu’il a déjà prévu que je l’essaierai à nouveau… Je ne pense pas trop m’avancer en disant que c’est une mauvaise idée de commencer par ça, un coup à se faire peur et trop miser sur les accélérations. Entre la 125 et le 450 c’est une question de points de vue et de maturité. A mes yeux, la 125 oblige à prendre de belles trajectoires, à travailler sur sa position et donc prendre de bonnes habitudes pour conserver un maximum de vitesse de passage en courbe. Si la 450 est aussi utilisable sans «avionner» grâce à son couple, on peut être tenté de tricher et de sacrifier la technique de pilotage au profit de violentes accélérations. Pas ou peu de progrès possible dans ce cas. Le 450 est aussi plus physique à emmener, sur l’angle, sur les freinages, les accélérations… Un compromis intéressant pourrait être le 250 quatre temps, avec un peu de couple moteur et une agilité proche de la 125, je verrai d’en essayer une au prochain roulage… Parce que oui, j’ai prévu d’y retourner et même plus que ça.

De la confiture à un cochon

J’ai acheté un Supermotard, l’achat absolument pas prévu, je cherchais une ancienne pour rouler en course de côte ou un 650 SV pour le Trophée LightWeight mis en place cette année. Après ce beau week-end, dans une superbe ambiance et vu la bonne école qu’est le Supermotard pour la prise d’angle et le travail des trajectoires, j’ai regardé les motos en vente, en priorité les 125 deux temps pour suivre ma logique. J’ai raté la belle 125 TM Racing de Franck Le Bars, et n’en trouvant pas d’autre, j’ai opté pour une 450, pas Italienne mais Autrichienne. Je n’ai su qu’en l’achetant que tout était au top dessus, moteur préparé, étrier SBK, té de fourche réglable, amortisseurs préparés… De la confiture à un cochon me direz-vous, je n’en pense pas moins, mais elle est aussi et surtout équipée d’un démarreur électrique, indispensable ! J’attends maintenant avec impatience les essais des 11 et 12 mai en espérant enfin réussir à m’asseoir à l’avant de la selle, en espérant également que le mode d’emploi sera resté sous la selle de la moto… 

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Même sans avoir le niveau pour l’exploiter, le 450 4 temps permet de rouler sur le couple et enrouler les virages. ©photo Laurence Carduner

Une superbe école

L’objectif sera surtout de mieux comprendre le fonctionnement de ces motos et moteurs et aussi de progresser en pilotage. Le Supermotard est en effet une superbe école, sans trop de vitesse de pointe, un petit circuit qui permet de faire beaucoup de tours et des motos vivantes qui obligent à les tenir. J’ai roulé avec mon Monster S4 après ce week-end en Supermotard, et me suis rendu compte que je la tenais déjà beaucoup plus lors des accélérations et pouvait donc y aller encore plus franchement ! 

Championnat de France les 8 et 9 juin

Pour conclure ce week-end, je n’aurai qu’un mot, merci, à la Team Cardu pour le prêt des motos quasi neuves, à Erwan pour le prêt de sa catapulte, à Florian pour celui de sa Honda «HRC», merci aussi à Serge et son équipe pour l’organisation de ces roulages qui permettent à chacun de découvrir la piste et aux pilotes de se préparer de bonne manière au Championnat de France, qui aura d’ailleurs lieu les 8 et 9 juin cette année, et non, je ne m’y inscrirai pas…

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Avec la 125 XLS, il n’y a aucune question à se poser, il suffit de soigner les trajectoires pour ne pas perdre de «vitesse». ©photo Gwen Verrier