Une « Papy Team » aux 24h de Barcelone

Une « Papy Team » aux 24h de Barcelone 🔐

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A deux pas de chez nous, presque en Bretagne, il y des gens qui font des choses étranges comme monter une équipe et s’engager pour la première fois à une course d’endurance de 24 heures à plus de cinquante ans ! Quand Thierry Butzbach m’a soumis l’idée d’un article sur cette équipe qu’il a suivie, je me suis retrouvé coincé entre l’idée de conserver les frontières du magazine fermées et l’envie de les ouvrir à cette équipe de «papis» qui refusent de vieillir. En voyant la qualité de ses photos, je ne pouvais plus dire non…

On peut rester actif après la cinquantaine. La preuve : quatre Nantais du 2V-Racing se sont inscrits aux 24h de Barcelone pour fêter leur demi-siècle au guidon d’une Suzuki GSX-R 1000. Et ils sont loin d’avoir fini dernier ! 

Une découverte de la piste tardive !

L’entrepreneur a de la suite dans les idées. En 2018, Norbert Le Menelec avait déjà embarqué les membres de son club 2V-Racing à participer aux 24h de Barcelone. Aux côtés de Sam Gilles, Cédric Forestier et de Gillaume Vivien, cette première participation s’était soldée par une 13e place finale sur 56 équipages. Pas mal pour une première ! Surtout pour un débutant, ou presque. En effet, Norbert n’a découvert la piste que tardivement, à l’âge de 44 ans. Mais comme il ne sait rien faire à moitié, il a plongé sans retenue, allant jusqu’à rouler plus de 40 week-ends les premières années de pratique. Depuis sa grosse chute à Saintonge en 2015, il privilégiait les roulages sur les beaux circuits (Mugello, Valence, Portinao,…) tout en nourrissant un rêve secret : participer à une « vraie » course d’endurance. Certes, les 24 heures de Barcelone ne figurent pas au calendrier officiel du Championnat du monde et se courent avec quatre pilotes (contre trois dans le règlement FIM), l’épreuve demeure prestigieuse et constitue un rendez-vous phare de la saison. 

Une « Papy Team » aux 24h de Barcelone
Les indispensables mécanos en cours d’intervention sur le GSXR du 2V-Racing. ©photo © Thierry Butzbach

Vivre un rêve entre amis

Après cette première expérience réussie, Norbert a voulu aller plus loin et associer plusieurs de ses amis du 2V-Racing. « La première édition fut un défi pour un pilote amateur comme moi ; la seconde fut l’occasion de vivre un rêve avec des amis. », rapporte Norbert. La Papy team était née. La mission de Didier Blanloeil (55 ans), Bertrand Hincourt (51 ans), Jean-Marc Troussicot (55 ans) et Norbert Le Menelec (54 ans) ? Rallier l’arrivée au terme d’un tour d’horloge au guidon de leur Suzuki GSX-R 1000 préparée par le Village Moto de Nantes. L’objectif étant posé, il a fallu près d’un an de préparation pour organiser cette participation. Tandis que les pilotes peaufinaient leur condition physique, Florian et Raphaël passaient leur temps libre sur la Gex’ pendant que Fréréric Lenouvel et Samuel Teilland organisaient la logistique. Toute l’équipe du 2V-Racing s’est impliquée. « Nous étions 25 le mercredi mais plus de 50 le samedi midi avant le départ de la course. », souligne Fred, le team manager. Mécaniciens, ravitailleurs, panneauteurs, cuisiniers, kinés,… : la liste de postes à attribuer est longue en endurance. 

La pression monte aux essais !

Les premiers essais libres du mercredi 2 juillet sont l’occasion de faire le point. Habitués des petits 2-temps, Bertrand doit se familiariser avec le gros 4-temps. Après six ans de roulage, Didier ne se sent pas prêt : il a chuté à l’entraînement au Mans le 30 avril, s’est fait opérer d’une fracture de la clavicule et n’a pu reprendre le guidon que trois semaines avant l’épreuve… avant qu’une nouvelle chute en VTT l’oblige à immobiliser son bras gauche. De son côté, Jean-Marc se met la pression et stresse de ne pas réaliser les minimas (2’06) alors qu’il a déjà réussi à rouler en 2’03’’ lors du roulage d’entraînement trois mois plus tôt. Norbert, lui, se projette déjà sur la grille de départ qu’il prendra pour la première fois. Tout le monde s’évertue à relaxer Jean-Marc qui assure finalement sa qualification. Puis viennent les essais de nuit. « Norbert m’avait dit qu’on voyait très bien, mais pour ma première sortie c’était le noir complet… Le circuit avait oublié d’allumer les projecteurs », se souvient Jean-Marc. « la fébrilité des pilotes au départ n’a pas été un moment simple, tout comme l’épisode pluvieux qui est survenu dans la nuit », note Samuel. 

Une « Papy Team » aux 24h de Barcelone
Les difficiles conditions de course se lisent sur le visage de Didier Blanloeil. ©photo © Thierry Butzbach
Une « Papy Team » aux 24h de Barcelone
Le burn de la libération au bout de 24h de course ! ©photo © Thierry Butzbach

Pousser la moto par 45°C !

Au départ, Norbert assure et passe de la 46e à la 36e place en une heure. Didier le remplace au guidon et peine à descendre de la moto après son premier relai… Tout le monde doute. Ça ne va pas le faire… Ben si, ça l’a fait, malgré une chute sans trop de gravité pour Norbert aux alentours de 18h. « J’ai perdu l’avant dans le droite rapide qui suit la ligne droite des stands. moi et la moto faisons des tonneaux et par miracle, non seulement je ne me suis pas blessé, mais en plus la moto ramenée tant bien que mal dans les stands fut réparée par l’équipe de mécanos en 20 minutes. » Suite à cette réparation, le réservoir sera changé et un souci de connexion engendrera une panne électrique qui contraindra Bertrand et Didier à pousser la moto pendant 20 minutes sous 45°C. 

La libération !

Après un tour d’horloge pendant lequel toute la Papy Team s’adapte pour que les moments de doute ne durent pas, l’heure de la délivrance approche. Didier passe le guidon à Jean-Marc qui assure le dernier relais avant d’être accueilli par toute l’équipe soudée sur la ligne d’arrivée. 32e !! La libération prendra la forme d’un long burn qui enfumera la piste… et fera monter certaines larmes. Car ce qui reste de cette histoire se résume par un grand sentiment d’aventure fraternelle. Et la sensation que, soudés et en équipe autour d’un projet commun, les hommes savent trouver des ressources incroyables. Y compris quand on est quinqua. 

©photo © Thierry Butzbach


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