Quand on s’intéresse à la moto, le nom de Triumph finit toujours par arriver sur la table. C’est une marque qui véhicule un héritage colossal, et le livre « Motos Triumph – l’Avant-Garde Britannique » publié par les éditions Sophia relève le défi de raconter cette histoire sans nous perdre dans un inventaire technique indigeste.
Une histoire de résilience
Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est qu’il ne se contente pas de glorifier le passé. Bien sûr, on y retrouve les années dorées, l’époque où la Bonneville dictait sa loi sur les routes et dans les films de l’époque. Mais le livre prend aussi le temps d’expliquer la chute brutale de la marque et, surtout, son incroyable retour dans les années 90 sous l’impulsion de John Bloor. On comprend comment une usine ultra-moderne à Hinckley a réussi à recréer une identité forte autour du fameux moteur trois-cylindres de la Triumph Speed Triple T301.

L’équilibre entre l’image et le texte
Visuellement, le travail des éditions Sophia est fidèle à leur réputation. C’est dense, bien documenté, avec des photos qui ne servent pas juste de décoration. L’ouvrage fait la part belle au travail contemporain de Cathy Dubuisson. Ses photos, très léchées, subliment la matière et mettent en relief l’évolution radicale du design de la marque. C’est à travers cet œil moderne que l’on mesure le chemin parcouru. On quitte les cadres classiques en acier pour découvrir des machines aux lignes affûtées, comme la Daytona ou la Tiger.
Côté texte, Aurélien Gueldry évite le piège du jargon trop complexe. Il arrive à marier l’histoire de chaque modèle avec ses caractéristiques propres. Il nous explique pourquoi tel modèle est devenu un échec commercial ou un succès planétaire, sans jamais donner une impression de longueur.
Un objet pour les curieux et les passionnés
Ce livre s’adresse à deux types de lecteurs. D’un côté, le propriétaire d’une Triumph qui veut connaître la généalogie de sa machine. De l’autre, l’amateur d’histoire industrielle qui veut comprendre comment une icône britannique a survécu à la mondialisation. Un bémol tout de même, le livre fait l’impasse sur certains modèles plus récents que sont les Street Triple 675 et les néo-rétros, tels que la merveilleuse Thruxton sortie en 2016 !
C’est un livre qu’on parcourt pour le plaisir des yeux, mais qu’on finit par lire en entier parce que l’aventure humaine derrière les machines est au moins aussi riche que la mécanique elle-même. C’est une belle manière de boucler la boucle entre le vintage pur et la performance moderne.

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